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29.10.2005
Etienne Oehmichen

HISTOIRE D'UN REVE D'ENFANT
Né à Chalon sur Marne (actuellement Chalon en Champagne) le 15 octobre 1884, Etienne Oehmichen part pour Lyon en 1893. C’est là-bas , alors que son oncle lui offre son premier vol dans un ballon ascensionnel de la Foire qu’il découvre sa vocation. Il la formulait alors en ces termes : « Quand je serai grand, je ferai une machine pour monter comme cela, tout droit dans le ciel ».
Il s’installe dès l’âge de treize ans dans le Pays de Montbéliard et séjourne une trentaine d’années à Valentigney où il se livre à ses premiers essais. Ingénieur spécialisé dans les questions d’électricité, il est employé par la Société Alsacienne de Construction Mécanique et par les Etablissements Peugeot. Il révèle rapidement ses dons d’inventeur lorsqu ‘en 1916, il rénove les moyens de l’artillerie et perfectionne les chars d’assaut.
Au sortir de la guerre, il peut enfin se consacrer pleinement à l’étude du vol animal. En 1920, il publie “Nos maîtres les oiseaux”, ouvrage dans lequel il expose sa théorie sur le vol des insectes et des oiseaux. Cette analyse de l’anatomie et des mouvements de la machine animale lui permet d’élaborer son premier mécanisme capable de voler. En 1921, il s’envole dans le premier appareil à voilure tournante pendant une minute et à 10 mètres de hauteur.
Soutenu financièrement par la maison Peugeot et encouragé par les services techniques de l’artillerie, il réalise près de sept essais en moins de 15 ans. A chaque fois, il perfectionne ses engins. D’abord dans les locaux du laboratoire « Oehmichen-Peugeot » jusqu’en 1924. Cette année là, le 4 mai, il est le premier à parcourir un kilomètre en circuit fermé.
Il crée ensuite sa propre société à Valentigney, qui fut le berceau de cinq nouveaux appareils. Enfin, en 1935, il fait voler une machine parfaitement sécurisée. A Orly, elle se maintient à 20 mètres au-dessus du sol en équilibre parfait et sans aucun organe de pilotage extérieur.
Satisfait de ce succès mais découragé par le manque de moyens financiers, il décide peu après de reprendre ses recherches en science pure pour créer, au Collège de France, la première chaire de mécanique anatomique. Cette science nouvelle permet d’appliquer les connaissances du physicien et de l’ingénieur pour faire une description dynamique de l’anatomie des animaux.
Inventeur de génie, son imagination scientifique marque encore tous les hélicop-tères modernes.
Il décède à Paris le 10 juillet 1955. Le 6 mai 1956, il est transporté de Valentigney et repose désormais sur le terrain de ses premiers essais à Arbouans.
Le troisième appareil mis au point par Oehmichen : le plus proche de l’hélicoptère moderne
SES PREMIERS VOLS
Son premier vol date de 1921. Avec un engin de 336 kilogrammes, il réalisa, le premier, l’exploit de faire voler un objet libre. Un ballon situé au-dessus de l’appareil permettait de le stabiliser en l’air. Conscient qu’il offrait une prise au vent trop importante, il sera rapidement supprimé.
Le 15 janvier, après avoir effectué tous les réglages nécessaires, l’appareil fut sorti au grand jour, surmonté de son ballon. Il effectua alors sept vols à une altitude oscillant de un à deux mètres. Le 28 janvier, il parvint, en présence de la direction du service technique, à se maintenir en l’air 40 secondes. Le 29 janvier, il atteint une altitude de plus de trois mètres et le 5 février, il réalise enfin les essais officiels. Il en conclut que le vol en hélicoptère au point fixe ou en translation est réalisable, même par mauvais temps. Le problème principal n’est alors plus la stabilité verticale mais la stabilité horizontale.
Le 4 mai 1924 restera cependant la date qui marqua l’histoire. A 19 h 30 le soir, il effectua à Arbouans un vol d’essai à bord du second appareil qu’il a mis au point. Pour la première fois, il parvint à suivre un circuit fermé d’un kilomètre entre un et trois mètres d’altitude. Il fait ainsi la preuve que non seulement un vol relativement long et haut est possible mais qu’en plus, l’engin est dirigeable.
Le premier vol à bord de l’appareil « n°1», premier décolage d’un appareil à la vertical.
LE PERE DE LA MECANIQUE ANATOMIQUE
Alors qu’il terminait ses recherches pour la construction d’un char d’assaut, Etienne Oehmichen commença dès 1917 ses investigations sur le vol des oiseaux. Au cours de ses études d’aérodynamique, il s’intéressa plus spécialement à l’existence de lois de la mécanique des fluides, jusque là inexplorées. Encouragé par la direction des Recherches scientifiques, il parvint à démontrer que l’insecte et l’oiseau savaient tirer parti des courants de remous qu’ engendre leur vol. Cette récupération d’énergie leur permettait de voler plus longtemps avec une utilisation minimale de leur puissance motrice. Ce principe d’économie d’énergie a été à la base de toutes ses recherches sur les hélices d’hélicoptère.« L’air ne sera pas définitivement conquis tant que nous ne saurons pas, comme l’insecte, comme l’oiseau, partir de n’importe quel coin de la terre et nous y poser n’importe où ; réduire à volonté notre vitesse jusqu’à nous immobiliser complètement en l’air, tant que comme l’oiseau, comme l’insecte, nos machines ne seront pas en toutes circonstances inchavirables » (Arts et Manufacture Mars 1956). Voilà son credo .
En 1939, ses travaux sont à ce point reconnus que le Collège de France lui propose une chaire pour enseigner sa discipline : la mécanique anatomique. Cette science nouvelle permet d’appliquer les connaissances du physicien et de l’ingénieur à la machine animale pour faire une description dynamique de l’anatomie des animaux. En reprenant les travaux de Cuvier, il marque de son sceau la zoologie et la paléontologie.
Le vol animal est pour lui plus qu’une source d’inspiration pour ses recherches et ses inventions, c’est l’exemple à imiter, une perfection naturelle que l’homme aura du mal à égaler.
Oehmichen au travail : un technicien méticuleux
UN INVENTEUR PROLIFIQUE
La carrière d’inventeur d’Etienne Oehmichen ne se borne pas à l’hélicoptère. Cette pièce maîtresse de son œuvre n’est que le résultat de nombreuses autres découvertes initiées par le scientifique. Les débuts de sa carrière chez Peugeot sont marqués par l’invention de la dynamo qui permet l’éclairage des voitures. C’est là le premier « flirt » d’Oehmichen avec le principe de la récupération d’énergie.
La guerre arrivant, il se consacre à la mise au point d’une artillerie capable de permettre au pays de mieux se défendre. C’est de cette ambition que naît en 1917 le premier char d’assaut.
Il s’intéresse aussi aux travaux sur l’électricité et la lumière. Cette passion le conduira à créer le premier stroboscope électrique et une caméra capable de saisir 1000 images en une seconde.
De même , son intérêt pour l’air lui permettra de concevoir le canon à air comprimé.
Ce n’est que par l’intermédiaire de la biologie et de ses études sur le vol des animaux qu’il parviendra à combiner l’ensemble de ses inventions et de ses connaissances pour donner naissance à l’hélicoptère ainsi qu’à une nouvelle science : l’anatomie mécanique.
Enfin, sa dernière conception fut l’hélicostat, une machine volante particulièrement stable qui semble aujourd’hui intéresser nos chercheurs afin de créer une grue volante.
Source: http://www.montbeliard.com/PAGES/GENERAL/DECOUVRIR/INVENTEURS/OEHMICHENE_oehmichen.html
22:15 Publié dans Invention | Lien permanent
Commentaires
Un grand homme !
Mon reve de faire de l'anatomie mécanique, je suis d'ailleurs a la recherche d'un stage ingénieur, et je serai fortement interressé par ce domaine.
Sébastien
Ecrit par : sébastien | 29.11.2005
